Les cartes conceptuelles et la pédagogie : un outil à maîtriser

29 04 2009

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Les cartes conceptuelles sont définitivement au goût du jour. En 2009, impossible de ne pas en entendre parler en pédagogie. Impossible même d’ouvrir un manuel didactique sans en trouver une, généralement au début ou encore à la fin d’un chapître…

On les utilise parce qu’elles sont des représentations graphiques non-linéaires et qu’on pense qu’elles peuvent stimuler un style d’intelligence ou d’apprentissage différent de celui qui est typiquement stimulé par des textes traditionnels, dont la structure est purement linéaire. L’élève qui apprend mieux ou qui organise mieux l’information de manière visuelle s’y plaira, car la présentation de l’information sous forme de carte conceptuelle sera plus conforme à sa propre façon de traiter l’information. Ceux qui ont plus de difficulté à déchiffrer les subilités du langage écrit s’en trouveront tout aussi ravis.

On les utilise aussi parce qu’elles permettent de présenter l’information une synthèse de l’information : un texte de plusieurs pages peut généralement être résumé par une seule carte conceptuelle, où on peut rapidement voir les principaux thèmes abordés ou les principales idées. En plus, cette présentation synthétisée faciliite la mémorisation, et ce, de deux manières :

  1. parce qu’on ne devrait trouver sur la carte que les idées maîtresses, le nombre d’éléments à mémoriser est moins grand. On peut donc se faire assez rapidement une image mentale de la carte conceptuelle;

  2. les éléments sont présentés de façon organisée et cohérente : les liens logiques entres les éléments sont explicités graphiquement et les éléments sont hiérarchisés. Et on sait qu’il est plus facile de mémoriser une information organisée qu’une information éparpillée.

Avec ce que j’ai écrit ci-dessus, on comprend facilement deux des usages communs des cartes conceptuelles, c’est-à-dire la présentation de l’information sous forme de carte conceptuelle pour introduire un module ou encore l’usage d’une carte conceptuelle pour faire un retour sur les contenus à la fin d’un module. Lorsqu’on introduit un module à l’aide d’un carte conceptuelle, on est en train de donner une idée aux élèves de ce qu’ils vont faire ou voir dans les cours à venir : c’est un plan d’action, une image mentale de ce qui s’en vient. Cette forme de présentation vise particulièrement à stimuler ceux qui ont une intelligence plus visuelle et ceux qui ont besoin d’avoir une vue d’ensemble avant de se lancer dans quelque chose. L’autre usage, celui de résumé à la fin d’un module, fait plutôt appel à la fonction de synthèse de l’information que j’ai évoquée précédemment. À ce moment, la carte conceptuelle sert à faire un retour sur l’ensemble de ce qui a été fait : elle permet de faire ressortir les principales notions et de les mettre en relation, pour que l’ensemble des concepts forme un tout cohérent.

Évidemment, il n’est pas exclu qu’on demande aux élèves d’élaborer leur propre carte conceptuelle. Pourquoi se contenter de les présenter, toutes faites, alors qu’on sait que les élèves ont plus de facilité à mémoriser des concepts lorsqu’ils ont eux-mêmes organisé l’information?

En demandant aux élèves de créer leur propres cartes conceptuelles, on met à l’épreuve leur esprit de synthèse. On peut alors vérifier s’ils sont capables d’identifier les principaux concepts et s’ils sont capables de mettre ceux-ci en relation. Cela leur permet aussi de faire eux-mêmes leurs résumés d’études.

Il faut toutefois faire attention à certaines choses. Lorsqu’on présente des cartes conceptuelles aux élèves, il ne faut pas qu’elles soient surchargées, car on perdrait alors plusieurs des avantages. D’abord, une carte conceptuelle surchargée fait peur : on ne sait pas par où commencer, ni sur quoi porter notre attention, et à ce moment, le cerveau bloque. De plus, on perd la facilité de mémorisation, car les éléments à mémoriser deviennent trop nombreux. Finalement, on perd le sens de la hiérarchie et de l’organisation, simplement parce qu’on ne peut avoir une vue d’ensemble d’un réseau trop complexe. Une carte conceptuelle trop chargée est donc absolument à éviter si on veut l’utiliser à des fins pédagogiques. De plus, lorsqu’on demande aux élèves de créer leurs propres cartes conceptuelles, il faut porter attention à leur capacité à le faire. On ne peut tout bonnement demander aux élèves d’organiser l’information dans la structure graphique d’une carte conceptuelle s’ils ne se sont jamais exercé à le faire : il y aura une surcharge cognitive, ils ne sauront pas par où démarrer, ni quels éléments inclure. Il faut donc y aller graduellement : leur apprendre d’abord à remplir des cartes conceptuelles dont la structure est déjà construite et où les éléments principaux sont déjà identifiés, pour les amener petit à petit à trouver eux-mêmes quels sont les principaux éléments qui doivent y figurer et/ou la métastructure de ces éléments. C’est seulement au moment où les élèves seront assez habiles à créer une structure autour d’éléments définis ou à trouver les éléments qui doivent figurer dans une structure donnée qu’on peut conjuguer les deux habiletés et leur demander d’élaborer une carte conceptuelle du tout au tout… Et là, l’évaluation ne sera pas une partie de plaisir : il y aura autant de cartes différentes qu’il y a d’élèves et avant de déclarer que tel élève n’a rien compris parce qu’on ne saisit pas sa logique d’organisation, on devrait peut-être lui demander de nous exliquer…

Bref, les possibilités des cartes conceptuelles sont multiples, mais comme dans toute chose, il faut savoir faire preuve de jugement dans leur usage… Et lorsqu’on montre aux élèves à en faire, il faut être au moins aussi patient dans la démarche, qu’ouvert à ce qui peut émerger!

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